En me baladant sur la toile il y a quelques mois (plus d’un an en fait) je suis tombé par hasard sur un article qui parlait des contes de fée et de l’interprétation de Disney. A l’époque ma fille me faisait subir la Belle et la Bête plusieurs fois par semaine (et oui à cet âge ils adorent la répétition). J’adore ce dessin animé, graphiquement il me plait vraiment, les dialogues sont géniaux et les personnages sont vraiment trognons (j’ai un gros faible pour Lumière, le chandelier).
J’ai donc commencer de fouillé sur la toile pour voir d’où venait l’idée originale. Il s’agit en fait d’un texte très ancien que l’on retrouve dans différentes région du monde sous différentes version.
Le texte le plus ancien semble être celui d’Apulée (philosophe Berbère) qui l’aurait publié au II ième siècle ap JC. Le conte réapparait en 1550 dans un recueil écrit par Francesco Straparola il reprend la version du folklore italien. Il lui faudra presque 200 ans pour être publié en France pour la première foi en 1740, dans un recueil de contes écris par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. Cependant la version qui nous ai parvenue est celle de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont éditée en 1757. L’auteur a largement raccourcie le texte, c’est à partir de cette version qu’on été créée toutes les adaptations que nous connaissons.
Peut importe la version, La Belle et la Bête n’est pas vraiment un éloge de la condition féminine.
La version écrite de la Belle et la Bête est un éloge à la vertu, qui pousse quand même l’auteur à faire dire à Belle “Ne suis-je pas bien méchante, disait-elle, de donner du chagrin à une Bête qui a pour tant de complaisance? Est-ce sa faute si elle est si laide et si elle a peu d’esprit? elle est bonne, cela vaut mieux que tout le reste (…) je n’ai point d’amour pour elle, mais j’ai de l’estime, de l’amitié, de la reconnaissance”. Il n’est jamais mention d’amour, mais de devoir de vertu et de complaisance. Bien entendu les vilaines sœurs de Belle disposent de la panoplie opposée l’orgueil la vanité la jalousie et la méchanceté. Le prince quand à lui est une victime. Il est gentil (dans l’approche pas bien futé), bon et doux, une vrai peluche géante avec des crocs et des griffes, largement de quoi faire fuir la plus gentille demoiselle.
Bien entendu tout cela est passé à la moulinette Disney. Il en ressort Belle, qui cette foi est une magnifique jeune femme, intelligente, cultivée et généreuse puisque elle choisi de sauver son père. Elle est aussi courageuse puisqu’elle affronte le mauvais caractère de la bête. Bref une jeune fille au caractère bien trempé. Il lui fallait cependant un défaut, elle est radicalement insatisfaite de la vie qu’elle mène et elle ne voit l’épanouissement que dans un mariage et une bibliothèque bien garnie. On ne peut pas tout avoir même dans un conte de fée, et puis il faut bien vendre un peu de rêve… Le seul ajout par rapport au texte original c’est l’ami Gaston. Vous savez le géant ultra-musclé complètement inculte, qui en prime est méchant et vicieux. Mais il n’est pas si bête qu’il en a l’air. Sa colère est déclenchée par le fait que Belle considère la bête comme son ami, mais pour faire réagir les villageois il décrit la bête comme un monstre, un mangeur d’enfant. Les paroles de la dernière chanson quand les villageois se préparent à prendre le château d’assaut est assez perturbante. C’est une vrai chasse à l’homme enfin à la bête. Cette partie là est finalement très sombre, ce qui est rare dans les dessins animés de l’époque.
C’est un très beau film de princesse, qui parle d’amour et bourré d’humour. Le premier à mon sens qui donne met en avant une jeune femme intelligente. Je retrouve beaucoup de cet esprit dans Raiponce sortie 20 ans plus tard.
Pour les curieux et les curieuses vous pouvez lire la Belle et la Bête sur Livres et Ebooks. Il est disponible au téléchargement gratuit au format Pdf, il ne fait que 12 pages A4.

sources des photos : fonds d'écran sous copyrigth Disney
Je sais pas vous mais moi je rêve de sa bibliothèque et de sa robe de bal…